Voyage en Sicile - novembre 2019

Trace du voyage en Sicile du 30 octobre au 4 Novembre 2019
par Alejandra Flichman

 

J’ai atterri à Catania le mercredi 30 Octobre vers 14h.
Pascale Sannier des Givrés d’Oranges (Lille) était dans le même vol.
Lidia Tusa des Galline Felici est venue nous chercher et nous sommes allées directement au magazzino, l’entrepôt où arrivent les fruits depuis les diverses fermes qui fournissent le Consortium et d’où partent nos commandes.
C’est aussi le lieu des réunions du Direttivo (le CA des Poules)

 

Jeudi 31 octobre
Je me suis occupée de m’assurer que les personnes venant pour la 1ère fois en Sicile étaient bien arrivées, logées et organisées pour se rendre au rendez-vous du lendemain chez Vincenzo à la ferme Barbajanni (Lentini)

Puis, je me suis occupée de trouver le moyen de m’y rendre moi même !
En effet, je pensais prendre un bus mais... le dimanche il n’y a aucun transport en commun assuré…

J’ai été accueillie pour ce séjour à Catania chez Antonio Coco, l’apiculteur nomade des Galline Felici, qui a été président avant Vincenzo Vacante et suite au long mandat de Roberto Li Calzi (membre fondateur et président historique des Galline Felici). Antonio et sa compagne Anna sont devenus des chers amis, tout comme leur fils Michele qui a 7 ans. Je les ai accueillis à Paris et avais organisé des rencontres alors que Corto n’existait pas encore officiellement et que je n’avais pas encore rencontré des membres actifs de notre organisation mis à part Costanza et Edouard qui à l’époque (jusqu’en octobre 2013) accueillaient les groupes de l’est parisien dans leur copropriété de Bagnolet. Nous avons passé la matinée ensemble car ils sont partis en voyage ensuite ces jours-là.

 

Vendredi 1er Novembre chez Vincenzo Vacante :
la signature de la Coproduction Barbajanni !

36 groupes de consommateurs, dont 19 italiens ont participé financièrement à la nouvelle coproduction Barbajanni pour un total de 38 925 € (*) composé de participations de hauteurs très différentes suivant la taille et l’ancienneté des groupes. 

Une douzaine de ceux-ci étaient présents le 1er novembre 2019 au domaine Barbajanni de Vincenzo Vacante à Lentini pour la signature du contrat. Les autres étaient représentés par procuration : 17 groupes italiens par Laura Norbis de Bergamo, des groupes français par Alejandra Flichman de Corto (Paris) et par Lisette de Court Jus (Embrun)

La journée a rassemblé une cinquantaine de personnes, dont plus d’une dizaine de producteurs des Galline Felici et quelques personnes actuellement accueillies dans des fermes qui sont venues par curiosité.

Un début en musique dès 10h du matin avec le groupe Broken Consorts dans lequel Angela, la compagne de Vincenzo joue de la harpe. Chant, violon, violoncelle, flûte traversière, percussions et harpe. Nous avons voyagé de la Sicile jusqu’en Irlande ! Magnifique et très émouvant.

Ensuite nous avons fait un cercle de paroles sur ce qui a amené chacun·e a participer. Des paroles émouvantes, avec au cœur des échanges l’évidence de la solidarité. L’accent porté sur l’humain, la relation, la confiance. Et aussi pour les paysans, le sentiment de n’être doublement plus seuls, car soutenus par les groupes de consommateurs et aussi les autres producteurs : “quand il y a un problème, on peut réagir !”

Le repas préparé par les paysans et leurs compagnes a été succulent comme toujours.

La journée était pluvieuse et nous avons pensé que le dicton « mariage pluvieux, mariage heureux » pouvait convenir aussi pour cet engagement que nous étions en train de prendre ensemble. Engagement qui va plus loin que les achats que chaque groupe effectue ou que l’apport logistique et de mutualisation que permet le Consortium. Nous avons pris conscience que ces actions ne sont que le début d’actions politiques et culturelles et disent notre souhait d’avancer sur ce chemin.

 

(*) Détails sur la participation des groupes : la somme initiale des participations des groupes étant nettement supérieure au montant visé (30 000 €), il a été proposé que les groupes qui pouvaient en décider sur place réduisent leur participation. Ce fut le cas pour trois groupes. Ces réductions faites, la participation totale des groupes (38 925 €) restait toutefois supérieure au montant visé. Il a alors été décidé collectivement par les groupes de maintenir cette participation dans le but de permettre aux Galline Felici de réduire leur propre participation à cette co-production (prévue initialement à hauteur de 20 000 €) et d’affecter l’excédent des participations des groupes (8 925 €) au soutien d’autres projets à venir.

 

Samedi 2 Novembre marché paysan à terra di Bo et visite de la ferme de Paolo Costa (Pisano)

J’ai pris le bus de Catania jusqu’à Viagrande, pour retrouver Sylvie et Anne de l’association Zest à l’Ouest (Nantes) et des membres des Givrés d’Oranges (Lille) et de Juste un Zeste (Guillestre) et Court Jus (Embrun).

C’était la 3eme édition de ce petit marché paysan à Terra di Bo

Un lieu magnifique, qui fournit parfois en fruits le Consortium. C’est surtout un lieu pédagogique : des enfants y sont accueillis pendant la belle saison pour des ateliers et une école maternelle y est accueillie pour l’année scolaire. Le lieu accueille aussi des évènements privés comme des mariages pour son équilibre économique.

Ensuite nous avons pique-niqué chez Paolo qui nous a fait la visite de ses champs.

Les avocats qui avaient eu des difficultés à traverser le premier hiver vont bien !

Des nouvelles plantations de maracuja se portent à merveille et le maraîchage commence à prendre forme.

C’est un vrai plaisir de voir en pleine forme ses champs qui avaient pris feu et avaient été abandonnées par manque d’argent. C’est une des conséquences de la 1ere coproduction de 2017.

Une belle journée, passée aussi à faire connaissance avec Anne et Sylvie de Nantes d’une manière plus tranquille.

 

Dimanche 3 Novembre : randonnée-réunion sur l’Etna !

Un compte-rendu a été fait par Patrick des Givrés d’Oranges (Lille)

 

J’aimerais ajouter à quel point ces rencontres sont riches et nourrissantes. Nos échanges sur nos fonctionnements, nos interrogations nous stimulent, nous montrent que nous ne sommes pas seuls. Ce collectif permet de donner une dimension multiple à nos groupes. Et c’est à chaque fois un plaisir de se revoir, de se soutenir dans les moments de doute ou de ratage, ou quand un groupe traverse une phase difficile. Bien sûr, de partager nos réussites, notre manière de résoudre la logistique ou la posture fiscale. C’est aussi parce que nous sommes en lien que les projets de coproduction prennent un sens autre que si c’était une simple récolte d’argent. Nos prises de parole, l’écoute, l’engagement mutuel et renouvelé nous donnent confiance en l’avenir de manière collective.

Lors de cette randonnée, Grazia qui nous a guidé·e·s, nous a proposé un rituel qui m’a énormément touchée : elle nous a distribué des semences de courge de la ferme de notre ami Cesare qui est mort l’an dernier. Nous avons planté ces graines, sur cette plaine. Avec une pensée pour Cece et pour quelque chose que chacun·e d’entre nous désire profondément voir se réaliser. Ce moment a été magique et intense émotionnellement. Je remercie du fond du cœur Grazia de nous avoir permis de vivre un rituel collectif. Je pense souvent à Cesare. Il me manque. Ce séjour en Sicile, un an après sa mort, était pour moi un moment difficile. Ce rituel m’a permis de lui rendre hommage, collectivement et dans un paysage fabuleux.

 

Lundi à mercredi matin ce fût le long voyage du retour.
Trois trains pour rejoindre Paris, le 1er monte sur le bateau pour traverser le détroit de Messina. 2 200 km de distance. Un long voyage. Celui des fruits que nous avons le plaisir de déguster durant l’hiver et qui nous apportent un peu de soleil dans nos quartiers gris et bétonnés.

 

Je remercie toustes les paysan·ne·s des Galline Felici et les autres salarié·e·s et sympathisant·e·s

Je remercie aussi toutes les personnes qui participent à faire exister Corto et les autres groupes de mangeuses d’oranges.

Nous toutes et tous, sans qui ces aventures humaines n’existeraient pas !

 


 Voyage en Sicile - 2-11 juin 2019

Je vais vous raconter la suite du voyage car je trouve le compte-rendu de Matthew très explicite, et vous pourrez regarder les vidéos que je vous ai mises en lien pour plus de précisions concernant la journée des sociétaires chez Iris.

 

Il me semble très important que régulièrement, un.e membre du CA ou du CO puisse m’accompagner, et accompagner Paulina, lors de ces voyages.

Un voyage en groupe pourrait être envisagé bien sûr !

Je crois que la rencontre se fait plus aisément, surtout pour des personnes ne parlant pas l’italien, en binôme qu’en groupe.

Ce n’est que mon humble avis ! Et l’un n’empêche pas l’autre !

 

Ces voyages devraient être pris en compte dans le budget prévisionnel.

J’ai rejoint Catania en train depuis Milan. Un voyage de 18 heures, dont une partie de nuit.

Le soir même de mon arrivée, était projeté pour la 1ère fois au cinéma en Sicile, le film de Dominique Marchais « nul homme n’est une île ».

Les membres des Galline Felici étaient assez nombreux, pour un soir de semaine la salle était assez remplie.

En Italie, tous les films sont interrompus en plein milieu pour un entracte ! Très étrange !

Cela n’a pas aidé le public à entrer dans le rythme particulier du film qu’ils ont trouvé lent et long pour la plus part. Il n’y a pas eu de débat mais des discussions en petits groupes autour d’un apéritif offert par les GF. Soirée agréable et pleine d’échanges sur nos pratiques.

 

Ce voyage avait pour objectifs d’être présente à la projection et à l’Assemblée du 9 Juin qui s’est déroulée au jardin des bio-diversités de Roberto entre 9h et 17h.

 

J’ai pu aller entre les deux évènements chez Paolo Costa, près de Zafferana Etnea, un des 5 paysans qui participent aux coproductions d’avocatiers.

 

Paolo a eu des difficultés l’année dernière et était très inquiet au sujet des jeunes arbres.

Maintenant il est confiant, ils sont beaux et semblent bien s’adapter au terrain.

Un ingénieur agricole vient les visiter et donner des conseils, si besoin.

Le climat étant imprévisible et tellement changeant, le soin des cultures, quelles qu’elles soient, est devenue très complexe et demande beaucoup d’observation et de capacité d’adaptation.

 

 


J’ai aussi rencontré à nouveau Grazia, une guide de moyenne montagne amie de Paolo, qui a déjà amené en ballade des membres de Corto, des Givrés d’Oranges, des voyageurs des groupes d’Isabelle Wolf, ayant séjourné chez Paolo qui a une offre de « bed and breakfast ».

Je pense que nous pourrions ouvrir une page sur notre site, avec les possibilités d’hébergement chez des producteurs membres des GF et les propositions d’activités sur place proposées par des personnes de confiance, faisant partie de nos réseaux.

C’est faire preuve de solidarité et aussi permettre à des personnes ou des groupes qui souhaitent organiser leur voyage en autonomie d’avoir accès aux informations.

Je vais ouvrir un sujet dans notre framavox !

 

Il faisait déjà chaud dans le Nord...en Sicile, la température a atteint plus de 40° et c’était parfois difficile de rester active. L’air semblait solide !

 

Lidia Tusa, Antonio Coco et Sara de Quetzal ont préparé la réunion du 9 Juin. Ils ont imaginé une place pour Rémi et Brigitte venus d’Embrun et moi. Nous avons donc eu plusieurs séances de travail par Skype et de visu à moins nombreux pour ce faire.

 

Le dimanche, l’assemblée a commencé avec une heure de retard, en mode sicilien et dans la bonne humeur.

 

 

L’ordre du jour était :

Croître ? Pourquoi ? Comment ? Avec qui ? Pour qui ?

Inspiré du début de travail effectué lors de la réunion de l’Usine à GAS de Mai.

Le sujet a été ouvert par Vincenzo Vacante, président des GF, expliquant que sans publicité ou recherche de nouveaux groupes/clients, la demande est en croissance, encore plus forte ces dernières années, et par conséquent, la Consortium également.

Puis, j’ai animé avec Antonio un atelier en petits groupes sur la raison d’être de la communauté (et pour certains, il était complexe de comprendre ce qu’est cette communauté, ce qu’est une raison d’être).

 


Nous avons été attentifs à ce que les groupes soient composés à la fois de membres fondateurs (ou de + de 5 ans), nouveaux membres, fournisseurs, travailleurs, Autres.

Nous avons pu observer la grande nécessité dans chaque groupe de se présenter, de mieux se connaître, de raconter sa manière de travailler, de vivre, etc.

les phrases de cet atelier n’ont pas encore été retranscrites dans le compte-rendu, je les inclurai dès que ce sera fait.

 

Nous avons tenté de parler de la croissance de la communauté, incluant ainsi toutes les parties : les paysans, les travailleurs de l’entrepôt et des récoltes, les mangeurs.La croissance la plus importante à considérer est celle qui relève du personnel. Faire des voyages, connaître plus de personnes afin de changer les modes de pensée permet de s’ouvrir, de relier, et d’imaginer d’autres solutions.

Puisqu’il y a des nouvelles demandes (de produits) nous devons trouver des nouveaux producteurs, nous souhaitons contaminer des nouveaux.

Mais :

avant de s’ouvrir à d’autres paysans, nous devons établir une stratégie pour permettre aux paysans déjà membres de grandir en insérant des productions qui viennent à manquer, puis chercher à rencontrer des paysans qui cultivent sur des petites surfaces. Une condition incontournable pour faire partie du Consortium est la disponibilité à communiquer et à s’impliquer.

 

Comment le rendre compréhensible et réalisable ?

 

Lorsqu’un fournisseur n’est pas membre et est « utile » le temps qu’un associé puisse produire la demande il est essentiel de communiquer aux groupes cette réalité.

- réussir à communiquer de manière forte sur notre réalité, qui nous sommes

- il y a-t-il une limite aux outils numériques ?

Il y a le souci du contact direct, les yeux dans les yeux, faire des réunions à 50/100 personnes, se motiver, participer, s’engager.

Une nécessité de connaissance mutuelle (savoir qui nous sommes, la philosophie de vie et de production de chacun.e), de transmission (réussissons-nous à faire passer les infos et les histoires, les manières de travailler à toustes?), de traçabilité des produits (en partant du nom qui est écrit sur la caisse ou indiqué à chaque mangeur)

Croître à condition de se structurer de manière à ce que ces 4 champs soient assumés le plus rigoureusement possible, car le risque de la croissance, si elle n’est pas bien structurée et pensée, c’est l’implosion.

 

Proposition : promouvoir la conscience que toustes ne peuvent pas toujours décider ensemble et donc travailler

 

1/ En déléguant (par ex : projets spécifiques comme la cartographie, qui ont un début et une fin et qui peuvent
     être repris la saison suivante) : le direttivo indique le sujet, donne la direction, un.e référent.e et un groupe

     de personnes qui participent, une date de conclusion doit être choisie afin de présenter le travail au

     direttivo.

2/ Groupes de travail (planification des productions, questions climatiques, activités culturelles, promotion sur

     le territoire….

3/ a/ Définir des rôles pour chaque thématique : accueil touristique, nouveaux fournisseurs et tutelle pour les

     deux premières années.

     b/Prendre soin de la participation (stimuler la participation aux assemblées, observer le développement de

     tensions et d’incompréhensions entre les membres et se donner les moyens de les assainir afin de préserver
     un climat de coopération.

     c/Stimuler la production de matériaux d’information

      d/ prendre soin de l’interconnaissance des membres (organiser des visites dans les fermes, s’assurer que les
     comptes-rendus de celles-ci circulent ainsi que les évolutions des cultures,     organiser des rencontres
     itinérantes entre les membres…)

 

COMMUNICATION INTERNE nous pensons qu’il est important de trouver les outils pour communiquer (le site, les divers oiseaux voyageurs etc : mieux les structurer)

 

La communication directe et l’expérience vécue devraient rester fondamentales !

Nous sommes aussi conscients de l’importance de la participation de toustes aux voyages auprès des groupes afin de faire grandir la conscience de toute la filière, se rendre compte des problématiques locales, se motiver.

Les rencontres et expériences changent notre vision du monde et nos modes de pensée.

Faire circuler nos récits de voyage, les observations, réaliser ce qui fonctionne (ou pas), les échecs, les crises, ce que nous découvrons, ce que nous apprenons.

 

Comme outil : une assemblée comme celle-ci, pendant laquelle nous échangeons sur les expériences réalisées cette année, sur les changements du Consortium, avec une thématique qui nous impacte en tant que comunauté (comme la croissance cette année). Avec la participation des groupes, d’amis, de fournisseurs, nouveaux membres, travailleurs…

 

COMMUNICATION EXTERNE : nous n’en avons pas parlé !

 

PARTICIPATION : c’est un élément fondamental de la vision que le Consortium a de lui même et de ses travailleurs. L’objectif e celui de construire une communauté attentive à la croissance continue, tant individuelle que collective, à travers la relation directe et le partage d’expériences, de problématiques et de solutions créatives. Il est nécessaire d’y dédier du temps et de l’énergie, c’est à dire que les personnes le fassent. Le communiquer aux nouveaux clairement comme un facteur essentiel e notre raison d’être, et faire en sorte de leur permettre de s’engager en ce sens.

 

 

 

La participation ne peut pas s’imposer, mais nous devons faire en sorte, et c’est notre devoir à toustes, de transmettre ce fondamental car il donne du sens à ce que nous faisons. Prendre soin de la participation signifie aussi être attentifs lorsque la mauvaise humeur s’installe, les désaccords et les incompréhensions. Car ils affaiblissent le plaisir d’être ensemble et de partager.

Promouvoir la participation, la relation, demande de contacter toutes et tous avant chaque réunion afin de les sensibiliser aux sujets et dire l’importance de la présence de chacun.e afin d’entendre les différentes couleurs et avis sur les sujets.

 


CHOSES À FAIRE RAPIDEMENT :

 

- planification des produits

- cartographie des fermes (état de santé de celles-ci, bienêtre du Consortium et des membres?)

- structurer le mode d’approche des nouveaux fournisseurs et leur entrée

- établir un % entre membres et fournisseurs

 

Le soir même, je suis allée à la FeraBio, marché mensuel qui a lieu 1 dimanche par mois à Catania et réunit des paysans de la région, dont un bon nombre des GF. C’est dans la cour du Couvent des Benedettini, Piazza Dante.

Un beau marché, et l’occasion de continuer à échanger avec certains paysans de manière plus informelle tout en mangeant des fraises et des abricots délicieux, puis un très bon chausson aux légumes et de la bière locale.

 

Cinq jours c’est très court mais il était important d’être présente à ces deux évènements je pense.

Aller régulièrement en Italie, et recevoir régulièrement des membres des coopératives/Consortium avec lesquels nous travaillons me semble très important si nous souhaitons affirmer participer à fabriquer une économie basée sur les relations, qui pourrait servir de modèle, susciter d’autres à le faire, et influer.

Créer des liens de confiance prend du temps.

Les faire grandir et inventer une culture commune aussi.

 

Je souhaite que nous nous donnions les moyens de le faire dans nos lieux de distribution, au sein de notre (grande) association, et aussi avec l’Usine à GAS et les producteurs avec qui nous travaillons.

Car je suis certaine que c’est dans un mouvement collectif que le monde pourra évoluer vers plus de justice sociale et de paix.


 Voyage en Sicile - 8-18 novembre 2018

 

Arrivée à Palermo le 8 en fin d’après-midi et rencontre avec Nadine et Patrick des Givrés d’Oranges pour l’apéritif, puis dîner en compagnie de Lidia Tusa (membre des Galline Felici) et de Gabriella Xxx (vice-présidente des Botthege del Mondo commerce équitable et solidaire d’Italie)

Ces rencontres informelles participent à fortifier nos liens, à rencontrer des nouvelles personnes qui agissent dans le tissu de l’économie transformatrice. Elles donnent de l’énergie pour continuer à s’investir, se sentant faire partie d’une communauté internationale et de diversité multiple.

FA LA COSA GIUSTA 9-11 NOVEMBRE fiera dell Mediterraneo (Palermo)

Durant 3 jours, j’ai participé à différentes rencontres et animé le stand des Galline Felici.

Étaient présent.e.s : Lidia Tusa (membre du direttivo et productrice d’huile d’olive), Vincenzo Vacante (Président des GF et producteur d’agrumes dans la zone de Lentini) et sa compagne Angela, Irene Carrara (sociologue coopérant avec les GF depuis quelque temps, tant à la construction du projet FICOS (filiera corta siciliana) qu’aux envois du Pizzino et autres missions de rédaction), Cinzia et Diego (Azienda Xxx, coproducteurs de l’opération avocats), Beppe (chargé de campagne pour les GF) et Adrien (chargé des transports)

Notre présence, Corto et Givrés d’Oranges, dans un moment de rencontres tel que celui-ci est important pour nous tous. Cela renforce nos liens, la confiance.

 

Voici un résumé des rencontres auxquelles j’ai pu participer :

 

Où en sommes-nous, acteurs de l’économie transformatrice, à l’approche de l’agenda 2020- 2030 ?

 

Cette rencontre est animée par Paolo Cacciari

Les différents rapports issus des ONG internationales, continuent à parler d’extinction massive des espèces. Le système capitaliste tue, la question du réchauffement climatique et des extinctions des espèces est réelle et il y a urgence à agir. Pourtant, l’indicateur de consommation de matériaux et d’énergies fossiles ne cesse d’augmenter. Notre impact (des humains) sur l’écologie est alarmant. L’économie extractiviste perdure malgré les accords internationaux.

Quels sont les motifs qui empêchent des décideurs d’agir concrètement ?

Quelles sont les actions, les projets, portés par les citoyen.ne.s de l’économie dite transformatrice ?

Comment faire en sorte de rendre ces projets soutenables, portés par la société civile (par le bas) la réalité majoritaire et institutionnelle ?

- Soana Tortora (Utopia in cantiere) : Observatoire international des réseaux de la société civile qui œuvre à la soutenabilité (chez nous appelé développement durable, mais ce terme ne me semble pas correspondre). L’association est reliée à celle brésilienne. Au Brésil, l’objectif de réduire la faim dans le pays entre 2012 et 2013 a été atteint grâce à des subventions qui ont cree du travail en milieu rural, relié les villes et les campagnes grâce à l’E.S.S. Avec une attention sur l’accès à l’éducation et à la santé.

Soana s’interroge sur comment parvenir à réorganiser la vie sur les différents territoires, avec des politiques harmonisées et non décousues. Les citoyen.ne.s étant protagonistes dans l’écriture des lois, dans la mise en œuvre des projets.

Nous devons agir à la fois sur chaque territoire, avec ses spécificités, tout en étant reliés. Lois locales, nationales, européennes, internationales.

- Ricardo Troisi (Université Coopérative de Colombia- économie transformatrice): il est essentiel de penser le monde de manière globale. Le problème de ces Agendas, c’est qu’ils partent du haut, alors que ce devrait être du bas ! De chaque territoire, de ses usagers. Dans l’économie transformative, il y a toute sorte de familles. Il est temps de trouver une unité. De cesser de s’affronter sur nos singularités et nos différences.

Les actions citoyennes ont tout intérêt à s’inscrire à l’échelle de svilles, en s’associant avec des chercheuses-eurs des Universités, les différentes associations, les actrices-eurs de l’E.S .S...

- Marica Di Pieri (centre de documentation des conflits liés à l’environnement): Leur travail initial est de créer des cartographies montrant des initiatives négatives (entreprises extractivistes, polluantes, etc) pour les dénoncer. Maintenant ils créent aussi des cartographies des initiatives positives liées à l’économie circulaire. Ils travaillent sur les récits d’expériences et les langages à réinventer afin de créer une culture commune.

- Pietro Puccio (association italienne de conseil européen des petites communes et des régions) : nous raconte comment le rôle des commune est fondamental afin de créer des projets à l’échelle d’un territoire. Travailler ensemble, municipalité et citoyen.ne.s. En créant des groupes d’action locale, thématiques. Alliances afin de trouver les financements nécessaires. Tentative d’agir en partant du bas (territoire petit) relié à l’Europe, sans forcement devoir passer par l’étape Nation-Région qui complexifie souvent les choses.

- Massimo Renzo (Bottthege del mondo-commerce équitable) : Quels types de nouvelles réalités sommes-nous capables de créer ? Avec quel type de relations ? Quelles narrations écrire ensemble et quelles lois nouvelles qui correspondent avec ces nouvelles réalités ? Comment définir une stratégie commune ?

- Giuseppe Barbera : Trouver le moyen de cesser de vouloir dominer la nature afin d’en faire partie.

- Antonella Leto : il est urgent d’entrer dans une réelle décroissance des besoins afin de continuer à vivre sur cette planète. Inventer un nouveau langage, une économie post- capitaliste globale en partant des territoires, justice sociale avec des lois plus justes. Prendre soin du bien commun, des un·e·s et des autres.

Le vrai problème est celui de la domination : il est urgent de changer les rapports de domination pour plus d’autonomie des territoires et des communautés. Plus de réelle démocratie.
Les bonnes pratiques ne suffisent pas. Affrontons la complexité de ce que signifie proposer et construire une alternative post-capitaliste.

Des questions restées ouvertes :

Comment faire pour accueillir un public non initié lors des évènements qui traitent de la Bio, de l’E.S.S, du post capitalisme... ? C’est à dire s’ouvrir à celles et ceux qui ne participent pas encore. Faire circuler les informations, les données, enseigner, transmettre.

Comment contaminer de manière positive afin d’agrandir le cercle des alternatives ? Comment conscientiser ? Ouvrir les consciences ?

Comment être plus accueillants ? Moins ennuyeux ? Plus accessibles ? Plus festifs ? Tout en gardant l’exigence !

 

La consommation responsable en Italie

 

Présentation d’une étude menée par Francesca Forno et Xxxx
Patrick est en train de faire la traduction de cette étude, je vous la ferai parvenir dès réception.

La consommation responsable et critique, est une manière pour les citoyens d’agir politiquement et concrètement dans leur territoire.

Nous nous demandons encore comment faire pour passer de consommateur responsable à acteur conscient politiquement.

Nous pensons que pour stabiliser et faire durer des démarches citoyennes il est parfois utile de s’allier à la municipalité. Interagir avec les institutions permet de créer des pactes, des alliances, et parfois de faire changer des lois.

Comment se relier autour d’un besoin commun d’harmonisation, tout en respectant les différences ?

Il ne suffit pas de créer une alternative. C’est essentiel de continuer à dénoncer, à lutter contre les injustices sociales.

Il est important de se sentir relié aux autres alternatives présentes sur un même territoire, et entre différents territoires.

 

Migrants, agriculture éthique et consommation critique

 

Il nous semble important d’assumer le concept de vulnérabilité comme un bien commun. Chacun d’entre nous a besoin de relations, de sens, d’ancrage social, de protection.

Comment mettre en place des mesures d’accueil qui prennent en compte l’accès à l’éducation, à la santé, à la sociabilité.

Le rôle de l’UE : devrait éviter l’exploitation humaine des migrants, notamment dans le secteur agricole.

Un exemple dans la région Basilicata : 32 mille euros de l’UE ont servi à l’accueil, la formation, le travail de migrants. 150 personnes en ont bénéficié, même si c’est peu (18 mille migrants sont présents dans le Sud de l’Italie), c’est la preuve que c’est possible, avec l’alliance de citoyen.ne.s, des institutions locales et de l’UE.

Vincenzo des Galline Felici a parlé du projet financé par l’UE et monté avec une ong italienne : formation de jeunes migrants pendant 4 mois aux travaux agricoles dans différentes fermes. Malheureusement lorsqu’ils ont souhaité embaucher des jeunes suite à la formation, les papiers administratifs ont été une entrave. Certains jeunes ont été déplacés dans un autre foyer, la distance ne permettait plus l’embauche. D’autres étaient devenus majeurs et n’avaient plus les bons papiers pour pouvoir être embauchés. La réalité de la complexité administrative est une entrave à la réalisation de projets, même lorsque toutes les conditions sont réunies pour les mettre en œuvre. Les lois sont pensées hors de la réalité des territoires, des pratiques et des usagers.

 

Vers le Forum de l’Économie Transformatrice (à Barcelona en 2020)

 

Le RIPESS est un réseau né en Amérique Latine, suite au Forum Social de Porto Alegre en 2001, afin de créer une alternative à celui de la finance qui se réunit à Davos (Suisse).

C’est un réseau organisé par régions, secteurs, pays. Il a un caractère international depuis 2009. Le mouvement est pluriel, s’articule autour de la coopération, la démocratie, le bien commun, etc...

Objectifs de Barcelona : comment décrire une économie transformative ? Comment changer les rapports de domination, de pouvoir ? Quels engagements écologiques ? Comment améliorer l’environnement ?

À Barcelona, s’est développé depuis les mouvements pour la démocratie réelle, un mouvement municipaliste qui est entré dans les instances institutionnelles.

L’E.S.S transforme réellement les territoires, il s’agit à la fois d’un changement culturel, d’économie transformative et d’alliances avec les institutions publiques.

Ces rencontres internationales ont pour objectif de montrer comment la société civile est déjà organisée partout dans des territoires différents. Rendre visible le changement. Créer des nouvelles alliances et envisager des actions communes stratégiques car il y a urgence à changer le système. Écrire une nouvelle narration, créer un langage commun. Construire un agenda d’actions, des campagnes jusqu’en 2030, à l’échelle internationale tout en partant de chaque territoire.

Pour le moment sont organisés : L’Espagne, la France, l’Argentine et le Brésil. Le travail vient de commencer en Italie.

Il est essentiel de créer des structures ouvertes, poly-formes, participatives, dans lesquelles chacun·e se forme à la coopération. D’avoir le courage, à partir de chaque expérience locale, de partager et de construire à l’échelle internationale. Car il y a une réelle urgence d’atteindre les objectifs de changement systémique.

Pensons à inventer un tissu tri-dimentionnel tricoté ensemble afin de créer un système transformatif global.

www.transformadora.org

 

Pendant les rencontres de Palermo, j’ai appris que Cesare, un paysan qui cultive des citrons, et bien d’autres choses, et qui a participé aux coproductions était très malade et hospitalisé en urgence depuis quelques jours pour des examens approfondis.

Nous avons appris son décès le samedi.

 

Lundi, à 8h du matin, un grand nombre des paysans des GF sont allés cueillir des citrons dans ses champs pour les offrir à l’issue de la cérémonie qui a eu lieu à 11h à l’église de Santa Maria Catena, près d’Acireale où Cesare vivait et travaillait. Ça a été très émouvant. J’aimais beaucoup Cesare et ce tragique événement inattendu m’a énormément bouleversée.

 

C’est difficile pour moi de faire un compte rendu de la suite de ce voyage qui a été marqué par la mort d’une personne que j’aimais et estimais beaucoup bien que nous ne nous connaissions que depuis 2 ans. Cesare était une personne lumineuse et généreuse. Curieux et créatif, inventif. Architecte et passionné d’histoire et de paysage, d’agriculture et d’apiculture. Un musicien qui aimait partager la joie de la musique et de la danse en toutes circonstances. Vous pourrez trouver des images et des textes sur le site des GF. Olivia est en train de préparer un petit montage d’images à mettre sur notre site.

 

J’ai assisté au 1er direttivo depuis l’AG qui a élu des nouveaux membres. Un des beaux frères de Cesare était présent afin de rencontrer les membres du direttivo et s’engager à poursuivre le travail dans la ferme de Cesare, avec l’aide d’un des ouvriers agricoles qui travaille ces terres depuis très longtemps. Les membres des GF ont aussi affirmé leur soutien et leur présence en cas de besoin.

J’ai vu Antonio Coco, apiculteur nomade, qui m’a fait part des grandes difficultés dues notamment aux problèmes climatiques. Il n’a presque pas eu de récolte cette année. Et pour la 1ère fois, il va devoir nourrir ses abeilles afin qu’elles ne meurent pas. Il va acheter du sucre par Quetzal, la coopérative qui fabrique le chocolat à Modica et fait partie du commerce étique et équitable aussi au niveau international (sucre, cacao...) Il est préoccupé.

J’ai passé une journée avec Vincenzo Vacante et Angela sa compagne. Étaient aussi présents Mario Cutuli et Andrea (son fils), Antonio et Anna sa compagne ainsi que leur fils Michele.. Nous avons un peu parlé des futures coproductions et des ravages du virus de la tristeza dans la région.

J’ai aussi pu voir les ravages des intempéries qui ont fait déborder le fleuve et submergé des arbres. Restent les traces des cailloux que les eaux ont monté depuis le lit de la rivière. C’est donc non seulement le virus de la Tristeza qui se transmet par une petite mouche, mais aussi les dégâts dus aux intempéries qui affectent l’Azienda Barbaiani.

Vincenzo nous transmettra les propositions pour les futures coproductions afin que nous puissions communiquer avec les adhérent·e·s. et commencer à penser de quelle manière et avec quel montant y participer. Il me semble que remettre en jeu les partenaires de l’Usine à GAS serait très pertinent afin d’avoir une proposition globale et de permettre à plus de groupes de participer.

 

Je crois que ce serait bénéfique que toutes les personnes qui sont membres du CP de Corto puissent faire un voyage en Sicile et chez les producteurs du Nord également.

 


 Voyage en Sicile - novembre 2017

Premier Jour

 Arrivée d’Alejandra Flichman, Isabelle Wolf et de Patrick Ennebeck de Lille des Givrés d’Oranges en milieu d’après-midi en avion. Cela nous permet de visiter Catane à pied après avoir déposé les bagages dans une consigne en ville.

Patrick et Isabelle vont dormir chez Mario Cutuli, Alejandra chez Antonio Coco et Anna Volo.

 

J2

Balade dans Catane pour visiter le marché aux poissons et le centre ville, avant de prendre la voiture réservée à l’aéroport.

Nous partons vers le sud de Catane en direction de chez Roberto Li Calzi pour visiter le Jardin des Biodiversités. C’est un terrain où ont déjà été plantés de nombreux arbres fruitiers tropicaux (dont 600 bananiers) après la Festa de Veynes (2016). Roberto y envisage une sorte d’éco-village, lieu d’accueil à la fois pédagogique pour les écoles, lieu d’accueil de personnes migrantes, lieu de vie et de travail. Les Galline Felici ont crée un film qui en donne une belle explication en images animées. Il vient d’acheter le terrain attenant, de 5,5 hectares. Dans le sous-sol passe une source, grande richesse pour les arbres plantés au dessus : orangers, bananiers et avocatiers. Le terrain jouxte l’autoroute récente, verrue dans le paysage.

Puis nous assistons aux 2 réunions prévues :

- La 1ère concerne la création d'une nouvelle association qui permet de porter les projets sociaux développés par les GF. Cette nouvelle association verra le jour en janvier. Nous pourrons en tant que CORTO et aussi comme individus être membres de cette association et participer aux projets. Pour démarrer, il est question d’un projet européen qui permettrait de renforcer nos liens et valoriser ce que nous faisons déjà ensemble. Le sujet est coordonné par Gabriele Proto et Antonio Coco qui ont une bonne connaissance du montage de ce type de dossier. Le projet d’agritourisme que je porte pourrait rentrer dans ce cadre, mais son contour devra être affiné.

On y parle aussi de la Constellation (avoir une vision de l’ensemble des groupes européens en circuit court : autant les producteurs que les mangeurs), du statut juridique, des Amap (au regard des GAS italiens), de l’avancée économique et sociale que représente la coproduction des avocats, du NOUS (la Constellation), et non plus des producteurs et des consommateurs, de ce que pourrait être un adhérent idéal, et de comment l’amener à l’être, par l’information, la formation et la sensibilisation.

De ce que l’on veut ? L’excellence ou la transformation sociale ?

Nous étions tous d’accord pour dire que depuis le début, le fondement de nos relations est la confiance.

Après un repas partagé, avec tous les présents dont les personnes qui venaient de finir la récolte des olives chez Roberto pendant 15 jours, nous commençons la 2ème réunion.

- Celle afin de préparer la Festa#3, qui portera un autre nom puisqu'elle se veut une 1ère. Elle a lieu par skype, avec Bergame et Turin. Roberto va acter qu’il la veut large, exprime son souhait de l’élargir à plus de participants, acteurs du changement, de l’ESS, porteurs d’initiatives positives, plus large que l’Usine à Gas (les groupes français et les GF + les producteurs du nord). Étaient présents : des responsables des Gas du nord de l’Italie et une association du Val de Susa : Etinomia.

Nous rentrons dormir chez Paolo Costa et sa famille au nord de Catane à Zafferana Etnea qui possède des chambres d'hôtes.

 

J3

Paolo nous fait visiter son exploitation, juste en dessous de sa maison. Elle est bien exposée et desservie par une route, ça sera précieux lors du transport des fruits. Il a entrepris de débroussailler et nettoyer le terrain afin de participer à la coproduction et de planter des avocats. L’irrigation sera aussi assurée par du goutte à goutte. Les avocatiers consomment autant d’eau que les orangers. Cependant la position géographique de son exploitation sur le versant maritime de l’Etna, l’épargne des sécheresses. Il va aussi planter des noyers sur les pourtours afin de casser les bourrasques de vents.

Paolo est aussi producteur de noisettes. Il a entrepris de fabriquer quelques produits transformés dont une pâte de noisettes au cacao délicieuse : la buonanoc. Paolo Costa fait partie des 5 paysans avec qui nous avons signé le contrat de cofinancement des avocats.

Nous nous rendons ensuite chez Mario Cutuli, qui lui aussi fait partie des signataires et sera la personne qui nous rendra compte de l'avancée du projet dans les différents lieux. Nous visitons son magnifique terrain labyrinthique et en terrasses, planté d’agrumes variés, de bananes, d’avocats, de feijoes et d’olives. Sur son terrain poussent ces nombreux fruits exotiques en raison de son extraordinaire exposition de bord de mer. Cependant, les terrasses sont difficilement accessibles, et tout le travail d’entretien, de débroussaillage et de nettoyage doit se faire à pied, sans parler bien sûr des récoltes et des caisses à porter à dos d'homme. Il a gardé l’ancien système d’irrigation comme témoignage historique.

Il nous emmène chez Cesare Melfa afin de visiter une autre ferme participant à la coproduction. Celui-ci n’a pas utilisé les fonds prêtés afin de planter des avocats, car tout comme Mario, il en avait déjà planté une partie (voir le film où il nous explique sa méthode à partir d'une plante mère qu'il a chez lui depuis des années) mais plutôt pour améliorer son système d’irrigation. Il produit 2 types d’avocats, les Hass et les Bacon. Cesare a utilisé l'argent pour élaguer une grande quantité d'arbres qui donnaient trop d'ombre à certains endroits et améliorer l'irrigation.

 

J4

Nous laissons Patrick Ennebeck qui part de son côté et nous allons vers Modica à la rencontre d’Adrien, passer la nuit dans son B&B ( tél zéro zéro- trente neuf - 3484309415), qui s'occupe des transports pour les GF et aussi d'accueil de promeneurs dans son gîte. On se trompe de chemin, et au lieu de découvrir la route côtière et Noto, on part vers l’intérieur et ses paysages arides. Baignade au mois de novembre à Marina de Ragusa dans une eau qui doit avoir la température (agréable) de l’air ambiant ! On découvre de beaux paysages dont les champs sont délimités par d’incroyables murets de pierres. Durant la nuit et toute la journée du lendemain explosent des orages tropicaux d’une rare violence. Les champs sont très vite recouverts d’eau, quand ce n’est pas de grêle qui fait penser à une épaisse couche de neige. C’est la conséquence du changement climatique.

 

J5

On décide malgré le temps de partir et de visiter Modica, très belle ville baroque. Elle a été inondée durant la nuit et lors de notre visite. L’atelier de transformation du chocolat bio et équitable Quetzal que nous souhaitions voir est close pour cette raison. On va faire un tour à la boutique équitable qui a été créée par les fondateurs de la coopérative.

La fin du récit est en deux parties, après avoir déposée Alejandra à Catane , qui partira le lendemain à Palermo avec Antonio D'Amico pour participer à "Fa la Cosa Giusta" (dont le récit se trouve plus bas), nous continuons vers le nord de Catane à Giarre ou Carlo Limone nous hébergera pour les nuits suivantes dans son B&B.

 

J6

On visite son exploitation. Il produits des agrumes, des fruits rouges, des feijoes, et du maraichage pour ses confitures et sauces San Matteo. Il a établi les recettes de chacun de ses inventions, cependant c’est une entreprise indépendante qui transforme ses produits, afin de répondre aux exigences sanitaires et légales. Angela sa compagne, professeure de navigation non membre (mais candidate à y entrer) des GF, et en bio comme lui, nous fait découvrir ses oranges et son huile d’olive très parfumée, qu’elle produit sur 75 hectares. Il nous emmène apporter quelques caisses de feijoes à l’entrepôt des GF. On en profite pour visiter les lieux, voir le tri des agrumes qui est fait, mécaniquement pour les oranges et manuellement pour les clémentines plus fragiles. Davide (le fils de Barbara) s’engage à nous fournir notre quota d’avocats pour la livraison de décembre. On en profite pour faire des photos pour le site internet et pour leur montrer ce qui se passe une fois les produits arrivés à Magny et sur les lieux de distribution.

On va marcher sur les sentiers de lave de l’Etna, face nord, au milieu des bouleaux et d’un paysage lunaire. Les paysages sont grandioses et valent le détour.

 

J7

On se rend à Catane à la « Fera Bio », au Monastero dei Benedettini qui à lieu tous les 2èmes dimanche du mois. On y retrouvera de nombreux producteurs de GF venus à la rencontre de clients habitués. Certains d’entre eux regrettent que ce marché des producteurs (fruits, légumes, fromages, câpres, miels, légumes secs, produits de beautés, ….) n’ait pas lieu plus souvent dans le mois, ce qui permettrait de toucher un plus grand nombre de personnes et non pas des visiteurs occasionnels.

Roberto nous invite à venir chez lui déjeuner et continuer les discussions entamées en début de semaine. Il reçoit aussi un couple de belges avec leurs 3 enfants venus faire le tour du sud de l’Europe, qui réfléchissent encore à s’installer comme agriculteurs permaculteurs.

 

Ce premier voyage en Sicile à la rencontre des producteurs, me permet de les rencontrer sur leur lieu de travail et d’affiner avec eux le projet d’agritourisme que je souhaite proposer. C’est une première étape dans un projet plus ample je l’espère. Ils sont enthousiastes à l’idée d’accueillir nos adhérents et plus largement les visiteurs. Je vais tâcher de mettre tout cela en forme rapidement pour que les échanges entre nous soient nombreux.

Isabelle W

 

"Fa la Cosa Giusta"à Palermo – 11-12 novembre 2017

Nous avons tenu un stand avec les GF, parmi des initiatives alternatives tant agricoles que touristiques, propositions de compostages urbains à grande échelle, production d'énergie, banque éthique, vêtements artisanaux ou faits à partir de recyclage, produits de beauté... un évènement qui permet d'avoir un aperçu des nombreuses alternatives participant au monde de l'ESS.

J’ai participé à 2 tables rondes : la 1ère sur le tourisme soutenable et la cohésion sociale et la 2ème sur les migrations, la coopération sociale et la ville. Les 2 ont été riches en échanges sur des thèmes qui nous animent, pour lesquels nous manquons de temps afin d'en discuter ensemble et de les approfondir. Était présente Francesca Forno, une chercheuse en sociologie de l'Université de Bergamo, qui est proche des GF et est d'ailleurs pressentie afin de participer au projet Européen que la nouvelle association va mettre en œuvre. C'est une très belle personne, active dans les réseaux d'ESS et des GAS du Nord de l'Italie. Était aussi présent Paolo Cacciari, auteur et journaliste, très actif dans les milieux de la décroissance et écologistes. Auteur notamment de "101 petites révolutions" (« 101 piccole rivluzioni ») où il parle de nous, associations françaises développant des relations vertueuses avec des producteurs de Sicile.

Ces moments de rencontres et d'échanges autour de ce que nous faisons ensemble pour changer le monde sont stimulants, porteurs de sens, riches en perspectives de liens. Ils sont importants pour se sentir une part d'un mouvement plus ample, auquel nous participons dans chacune de nos actions : au sein de nos groupes, de nos lieux de distribution, de notre association. Et aussi d'une manière plus globale, dans ce que chacun.e fait par ailleurs (comme les petits déjeuner porte de la Chapelle pour les migrants, des concerts de soutien, des repas de soutien, des lectures, la construction d'un four à pain et tant de belles initiatives de partage dont je ne suis pas encore au courant).

Nino Lo Bello, un des organisateurs, était vraiment très heureux de notre présence.

Je pense que tout comme les Festa, notre participation à des moments de rencontre où se croisent à la fois des initiatives et des penseurs-écrivains de nos mouvements sont essentiels pour la reconnaissance de nos chemins et le fait qu'ils se rencontrent.

 

Merci à toutes et à tous d'avoir accepté que je représente Corto une 2ème fois.

Alejandra